mardi 24 octobre 2017

Aujourd'hui : rien branlé

"Aujourd'hui, rien branlé".
D'aucuns diraient que cette profession de foi pourrait décrire mon quotidien. Ta gueule,  d'aucuns ! C'est le quotidien de Paul que désigne ce leitmotiv, et non le mien.



Mais qui est Paul ?
Paul est un personnage de BD inventé par mon ami Geoffrey Firmin, que j'évoquais en 2014 (dans ce post), et dont je louais le blog riche d'innombrables récits jubilatoires et dessins hilarants.

Il y a environ un an, le blog en question intitulé "Au-dessus du Volcan" s'est en quelque sorte fait pirater... par Paul justement, qui se l'est approprié, allant jusqu'à le renommer "Le blog de Paul".
Le blog de Geoffrey piraté par sa propre création, n'est-ce pas là une jolie mise en abîme ?

Le graphisme de la têtière "piratée" du blog annonce déjà la couleur...

Depuis cette espèce de putsch schizophrénique, les récits de G. Firmin ont laissé place aux dessins. Chaque jour, pendant un an, un nouveau dessin a été mis en ligne.
La plupart du temps il s'agit d'un "Aujourd'hui rien branlé" mettant en scène Paul, mais on a parfois droit aux aventures de ses autres personnages récurrents : Jean-Marc l'éléphant, Mac P. le philosophe des comptoirs, ou encore Roger, le gros porc quasi trisomique dont le charme incompréhensible lui vaut de séduire les femmes les plus magnifiques... et de se les taper en public ! Un véritable miracle en ces temps de #BalanceTonPorc !


Il y a quelques temps m'est venue l'envie de mettre l'un de ces dessins en couleurs, pour voir ; un coup de Photoshop plus tard, j'ai trouvé le résultat sympa, et j'en ai colorié un second, puis un troisième.
Réaction enthousiaste de Geoffrey, qui se dit lui-même peu à l'aise avec la couleur ("chuis nul !", pour le citer).
Du coup je me suis pris au jeu et j'ai continué sur ma lancée, trouvant l'exercice aussi amusant qu'intéressant.

Il résulte de ce travail collégial les illustrations que vous voyez ici et que j'ai plaisir à vous présenter.
Surtout ne manquez pas d'aller (re)découvrir ce blog formidable et les innombrables délires - parfois cryptiques - qu'il contient.

***

Il faut que je vous parle un peu plus de Paul.
On sait peu de choses sur lui. Il a un physique banal, voire ingrat et un peu négligé, une sorte de Cabu en plus jeune et en plus laid. Il n'a pas vraiment d'âge, la trentaine, quarantaine peut-être, difficile à dire avec son look d'éternel adolescent ébouriffé.



Il vit seul - éternel célibataire - dans un appartement sordide aux murs tapissés de posters érotiques, avec pour unique compagnon un chat dont on ne voit généralement que l'arrière-train. Arrière-train qui l'inspire au point qu'il ne quitte jamais son Tshirt fétiche orné d'un anus de chat stylisé.



Et surtout, il a une vie de merde, morne, si morne : pas de boulot (il n'a sans doute jamais bossé de sa vie), pas de compagne (on le soupçonne puceau), une situation financière que l'on devine misérable. Pas vraiment de hobby non plus, à part traîner dans son appartement minable et bordélique, vider quelques canettes de bière, feuilleter une revue porno et éventuellement se masturber, les jours de grande forme.



Son quotidien répétitif se limite à des réveils tardifs, des rêves basiques et obsessionnels (baiser, devenir riche) et de longues introspections. En gros il passe sa vie à ne rien faire, et à méditer sur son inaction ; parfois il s'en réjouit, la plupart du temps il s'en lamente.
Paul est l'archétype du branleur par excellence, tellement branleur qu'il en oublie même de vivre, se contentant de fantasmer une existence dont il n'a pas ni ne cherche à se donner les moyens.
Difficile de dire dans ces conditions si Paul est profondément heureux ou malheureux.




Entre télé, radio, transports en commun, il mène une vie palpitante...






Voilà ce que nous apprend la série des "Aujourd'hui rien branlé" sur Paul.
Toutefois, il est régulièrement fait mention (dans les récits antérieurs au piratage) d'un certain "Paul, mon copain qui chante Couscous Saupiquet quand il est bourré".
Et bourré il l'est souvent, car en bon branleur digne de ce nom, Paul est alcoolique. Quand il n'a pas le courage de se traîner jusqu'au bar du coin, il se contente de vider des canettes sur son sofa.
Nul doute qu'il s'agisse bien du même personnage.



Quand on a une vie aussi pleine de vide, un rien devient centre d'intérêt, la moindre tâche quotidienne se mue en aventure, et même déprimer à la fenêtre constitue une intéressante activité...



Parfois, Paul émerge de sa torpeur un bref instant.
Certaines choses le tirent de sa léthargie et le font réagir. Etonnement Paul s'avère doué d'une conscience politique, par exemple.


Paul a beau n'être rien ni personne, il est parfois consulté comme un expert de sa discipline. Plus étrange encore, on lui découvre des amis très hauts placés...


Et parfois la vie de Paul prend une tournure plus étrange encore, lorsque pour varier les plaisirs il s'essaye aux drogues psychédéliques...




Mais bien vite, le naturel et la banalité quotidienne reprennent le dessus...







Mon préféré, tant pour le dessin que pour la légende !!! Du grand art !

Pour finir, quelques dessins n'appartenant pas à la série des "Aujourd'hui rien branlé" :





lundi 23 octobre 2017

Un parfum de s(c)andale

Une vache balance son porc.
C'est ce qu'auraient pu titrer opportunément les médias qui nous ont rapporté ce fait divers bien de chez nous.
Un type s'est fait gauler dans la région nantaise en train de se taper une vache.
Oui, une vache !
Oui, vers Nantes.

http://www.20minutes.fr/nantes/2154935-20171020-nantes-poursuivi-avoir-agresse-sexuellement-vache

N'est-ce pas rafraichissant de gauloiserie ? L'amour n'est-il pas dans le pré, comme nous l'enseigne tous les lundi soirs la télévision française ?

L'histoire ne dit pas si la vache était consentante, en revanche, une chose est sûre : elle était mineure (3 mois).
Je soupçonne le "quadragénaire zoophile" (pédo-zoophile faudrait-il préciser) de lui avoir préalablement tenu des propos grivois et autres allusions salaces, avant de passer à l'acte. Il faudrait interroger les animaux de la ferme pour savoir si cet odieux personnage a déjà fait preuve de propos discourtois ou déplacés à leur endroit.

***

Avec le scandale de l'affaire Weinstein et l'hystérie dénonciatrice du moment, la chasse au vicelard est ouverte. Au vicelard, au macho, à la brute, au salopard, comme on voudra.

C'est très bien que la parole se libère, que les femmes victimes de toute forme de harcèlement sexuel se rebiffent, et que cela incite même certains hommes à s'interroger sur leur comportement.
Si cela mène à une véritable avancée humaine, à plus de respect, à un mieux-vivre ensemble, on ne peut qu'applaudir, même sans être spécialement féministe.

Mais moi y a un truc qui me dérange dans cette espèce de chasse aux sorciers, et dans ce hashtag qui le représente, #BalanceTonPorc.
Ce n'est pas le mot "porc" qui me gène ; encore que les malheureux animaux n'aient rien fait pour mériter cette triste association. Pas plus que la vache nantaise n'a sans doute cherché à "allumer" son agresseur.

C'est "balance". L'appel à la délation m'a toujours dérangé, aussi bonne soit la cause.
Cette initiative consistant à dénoncer nommément n'est-elle pas la porte ouverte à tous les débordements ?
Certaines ne vont-elles pas y trouver une opportunité bien pratique pour nuire à quiconque les aura gênées ou dont la tronche ne leur reviendra pas ? En l'absence de tout moyen de vérification, n'importe qui peut demain se retrouver accusé de mille turpitudes et frappé d'opprobre.

Et puis qu'espère-t-on vraiment obtenir en livrant ainsi des noms à la vindicte populaire ? Plus de justice, ou des lynchages ?

Je n'ai pas employé le terme de "chasse aux sorciers" par hasard. Qu'on se souvienne de Salem, de ces femmes accusées de sorcellerie, jugées et exécutées sur la foi de témoignages invérifiables, de doutes sans fondements, de dénonciations à tout va. Ce terrible épisode de l'histoire américaine n'apparait certes pas comme un modèle de justice, il ne faudrait donc pas prendre en exemple des méthodes d'un autre temps et retomber dans les excès de puritanisme.

Entre agressions bien réelles et climat revanchard, tout cela ne sent pas très bon, et il y a chez nous comme un parfum de s(c)andale.

***

Finissons sur une note plus optimiste et mignonne, histoire de se rappeler que le sexe n'est pas qu'un rapport de force et qu'il peut mener à l'épanouissement.
Quand les femmes sont consentantes, voici ce que cela donne.
C'est mignon tout plein, adorable, et là pour le coup vraiment rafraîchissant !

http://www.ufunk.net/photos/the-o-project/

samedi 14 octobre 2017

CQFPD #1

C'est toujours une grande joie - ici à la rédaction des Cahiers-Décharge - d'inaugurer une nouvelle rubrique.
Nous avons donc le plaisir de vous présenter les CQFPD.

CQFPD pour "Ce Qu'il Fallait Pas Démontrer".
Ou, dans sa forme longue : "Ce Qu'il ne Fallait surtout Pas Démontrer sous peine de se faire lyncher par une populace ivre de vengeance" (mais CQNFSPDSPFLPIV ferait un acronyme un peu long).

Les CQFPD ont pour but ultime de démonter les clichés, faire la peau aux idées reçues, et démystifier un certain nombre de croyances imbéciles. Mais aussi parfois, de confirmer la validité de ces derniers...

dimanche 1 octobre 2017

Madeleines de Prost (partie 3)

Troisième tournée de madeleines : on continue de faire vibrer l'enfant qui est en vous...
(Euh... j'ai vraiment écrit ça ?)

Les Lego


Les Lego, on ne les présente plus.
Combien de générations auront joué avec ces petites briques colorées ? Et combien de parents se seront défoncés les pieds en marchant sur la petite pièce aux angles vifs, oubliée dans un coin du salon ?

mardi 26 septembre 2017

Madeleines de Prost (partie 2)

Suite de mon exploration introspective des joujoux des 70's...

Big Jim et Action Joe


Les filles n'étaient pas les seules à jouer à la poupée !
Elles avaient l'incontournable Barbie ; nous avions Big Jim et Action Joe.


lundi 25 septembre 2017

Madeleines de Prost (partie 1)

Malgré le jeu de mots pourri du titre, il ne sera pas question dans ce billet de Formule 1. Le maigre rapport qu'entretient Alain Prost avec mon sujet, c'est que son heure de gloire se situe dans un passé pas si lointain (les années 80-90), et que son nom m'évoque une époque révolue mais vécue.
Petit "effet madeleine" donc.

Mais c'est des années 70 que je veux ici vous entretenir.
Ce billet ne parlera véritablement qu'aux gens nés comme moi à la fin des 60's ou au début des 70's, et plus particulièrement aux garçons. Oui, je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans et de 15 cm ne peuvent pas connaître.

mercredi 20 septembre 2017

Malmenons un peu la peinture classique

Pour sa tardive rentrée, ce blog calamiteux continue de rudoyer quelque peu la culture, dont manque pourtant cruellement notre déliquescente "médiocratie" (le terme n'est pas de moi mais du chanteur Hubert-Félix Thiéfaine. Je trouve ce néologisme rudement bien trouvé.)
Aujourd'hui, malmenons quelque peu la peinture classique.