samedi 3 septembre 2016

Musique du futur/Le futur de la musique (une petite apologie du mal fait)

Oubliez tout !
Tout ce que vous connaissez en matière de musique et d'art, tout ce que vous aimez, ainsi que tout ce dont je vous ai parlé dans ce blog.
Le futur de la musique est résolument bounoume ! Et c'est d'Allemagne que provient la musique du futur.

HGich.T, c'est le nom qu'il vous faut retenir (prononcez comme vous pouvez).
La signification du nom est sujette à caution, il semble que plusieurs interprétations soit possibles - toutes délirantes - malheureusement, la page Wikipedia qui leur est consacrée est en allemand, et mon niveau est insuffisant pour tout comprendre.
J'y vois pour ma part le mot "high" qui signifie en anglais "défoncé" ; ce serait assez à propos...



Plutôt qu'un groupe, HGich.T est un collectif artistique, sévissant à Hamburg depuis 1996. J'ai cru comprendre qu'il était composé d'anciens élèves d'une école d'art, ce qui au vu de leurs oeuvres me semble tout à fait plausible.

Musicalement, HGich.T officie dans une techno minimaliste et low-fi, restée coincée quelque part entre les années 90 et 2000 (le premier qui prononce le mot "électro", je lui claque le beignet).
Bien que la comparaison soit très discutable, imaginez une sorte de Die Antwoord du pauvre - très pauvre, sans aucun moyen : zéro esthétique, musique techno encore plus basique que celle des sud af', et expurgée des clichés hip-hop. Un Die Antwoord du vendredi soir, bourré en MJC, avec une copine qui vomit sa sangria sur le parking.



Mais alors - me diront ceux qui suivent - en quoi est-ce la musique du futur ?

Je leur répondrai 2 choses :
D'abord, qu'il s'agit d'un futur tel qu'on le concevait avant l'émergence de la musique techno. Un rétro-futur, le futur du passé, en quelque sorte. Imaginez que le présent billet est écrit au début des 90's et non en 2016.
Quoi ? J'ai le droit d'antidater, s'il me plaît. Je vous merde.

Ensuite et surtout, la nouveauté de cette musique tient dans son total amateurisme, dans sa liberté débridée et revendiquée, dans une anti-musicalité de bon aloi. Les morceaux sont longs, répétitifs, hypnotiques. Le chant est totalement faux et en décalage avec le rythme, comme chanté par des bounoumes.  Les voix sont ridicules, au moins autant que les paroles, particulièrement perchées.
C'est comme si votre petit frère (mentalement retardé, et sous l'effet d'une drogue quelconque) piquait votre synthé Rolland pour monter un groupe avec quelques copains aussi attaqués que lui.



Les clips vidéos de HGich.T valent autant le détour que leur musique, voire plus encore. Complètement cheap et kitsch, ceux-ci sont bricolés avec 3 bouts de ficelle, filmés et montés n'importe comment, truffés d'effets spéciaux grotesques, d'incrustations mal fichues, de transitions dignes de PowerPoint 97, de lettrages de mauvais goût.

L'univers visuel de HGich.T est riche de sa pauvreté. Des abrutis vêtus de gilets de sécurité fluo, de T-shirts Garfield et de tissus vaguement hindouistes - le visage maquillé à la gouache - se vautrent dans des plaines boueuses, dansent dans des sous-bois calamiteux, improvisent des cérémonies païennes en brûlant des rouleaux de papier toilette ou des romans de gare, miment des copulations avec des arbres, prennent de l'ecstasy dans des rave-parties champêtres, font les cons en tracteur ou en scooter, se ridiculisent en place publique dans les rues de Hambourg.



Les allusions à la drogue sont omniprésentes. Chez HGich.T, la drogue, on aime ça, on en prend (beaucoup), et on le dit. Je vous conseille d'en prendre aussi beaucoup pour pleinement apprécier leur art. Sauf si - comme moi - vous en sécrétez naturellement.

L'art visuel et musical de HGich.T est misérable et ne se prend pas au sérieux un instant. Peu importe, voire même au contraire, c'est ce côté mal fichu, bricole, vulgaire, crétin, moche, qui en fait toute la richesse et l'intérêt. Il y a quelque chose d'intensément punk dans leur démarche, comme s'ils nous jetaient au visage ce credo : nous faisons de la merde et nous aimons ça. Si vous aimez la merde, bienvenue dans notre monde !
Il n'en fallait pas plus pour me plaire, me convaincre du bien fondé de cette saine démarche, totalement en accord avec les principes alchimiques de ce blog, qui voit le beau dans le laid (et inversement).


Une fois encore, c'est à ce bon Hyéronimus que je dois cette fantastique découverte, laquelle vient bouleverser profondément mes codes et goûts artistiques et musicaux.
Les Cahiers-Décharge vous recommandent chaleureusement HGich.T, la sensation la plus rafraîchissante depuis la candidature de Donald Trump !

Hare hare goa, ja !


samedi 13 août 2016

Les Fables de la Femme Fontaine - 1 - Le Corniaud et le Crevard

Maître Corniaud, contre un arbre penché,
Pissait une semaine de breuvages.
Maître Crevard, par l’odeur éméché,
Lui tint à peu près ce langage :
« Et bon jour, Monsieur du Corniaud.
Que vous êtes empli ! que vous me semblez Kro !
Sans mentir, si votre "boner"
Se rapporte à cette sale odeur,
Vous êtes la Maison Phénix de tout le lotissement. »
À ces mots le Corniaud est tout grave content ;
Et pour montrer son urinier,
Ouvre grande braguette, se conpissant les pieds.
Le Crevard s’en esclaffe, et dit : « Mon bon Monsieur,
Apprenez que tout flatteur
Rit aux dépens de celui qui s’égoutte.
Cette leçon vaut bien du cirage, sans doute. »
Le Corniaud, les chausses à moitié fondues,
Rangea son braquemart et se gratta le cul.


*

La semaine prochaine : Steven Seagall et la Fourmi

dimanche 24 juillet 2016

Pierre Tipiak

Voici un court passage - méconnu, mais non moins édifiant - de l'Evangile de la Tourette.

*

Tandis qu'il venait d'ordonner l'exécution de Jésus, Ponce Pilate se pencha sur le lavabo et il dit :



Et tous l'acclamèrent :




lundi 18 juillet 2016

Distique

Il m'est venu en songe - presque en songe, dans ces premiers instants du réveil où l'on retrouve le contrôle de l'esprit - ces drôles de vers, dont la totale absence de sens le dispute à la musicalité.
Ils tournent en boucle dans mon esprit ce matin comme un disque rayé.

Les revers de fortune du Sergent Halogène
De Nevers à Béthune sont agent pathogène.

jeudi 7 juillet 2016

La sauge d'une nuit d'été

Me revoici pour une brève apparition après une nouvelle longue absence. Un planning inhabituellement chargé m'a tenu éloigné de mes chers Cahiers, ce que je regrette. C'est une période de mouvement, faite de nombreux projets, de visites, de nouveautés. Chaque journée à elle seule contient son pesant de petits (ou grands) événements, d'anecdotes, de réflexions, dont chacun pourrait inspirer l'un de ces interminables posts qui sont ma marque de fabrique ; mais je n'en ai tout simplement pas le temps.
Que l'on se rassure quand je parle de projets ou de grands événements, je ne suis pas en train de faire un gosse, ça non ! Mais je fais des trucs, ça oui, m'étant entre autres choses laissé happer par la dynamique de ma chère compagne, comme une feuille morte emportée par un courant d'air.

mardi 21 juin 2016

Ronsard mutant

Mignonne, allons voir si la Chose,

bla bla bla...

(Qui ce matin avait déclose
Sa robe de pourpre au soleil,
A point perdu cette vesprée,
Les plis de sa robe pourprée,
...)